Émotions et alimentation, sont-elles liées ? Alimentation émotionnelle ?




Dans l’article du mois de mars 2019 de Cerveau & Psycho, Paul Brunault, psychiatre et addictologue au CHRU de Poitiers soulèvent des questions sur le lien entre nos émotions et l’alimentation ?

Il explique, aujourd’hui l’accès à la nourriture (moins de 15mn), est telle que cette abondance et cette accessibilité sont devenus de vrais problèmes. La nourriture se substitut à toutes les autres moyens de compensation face à nos émotions.

Elle est devenue au même titre que la cigarette, le cannabis, la drogue ou l’alcool, un refuge face au stress, aux émotions négatives (blues, dépression, contrariétés) ou même positives, en compensation, ou en récompense (fêtes pour tous les événements, pot de départ, apéro-tapas, gueuletons entre potes, décompression après une journée de boulot).

Or, la nourriture est devenue riche en graisse et sucre. Cet apport de plus en plus répétitif à notre cerveau, devient un stimulant (hormone du plaisir : la dopamine est enclenchée à chaque fois).Par répétition de ce comportement, cela devient une habitude qui elle-même va s’ancrer dans notre inconscient .

Une émotion positive ou négative est vécue, on se réfugie dans la nourriture. Le plaisir ressenti grâce à la diffusion de la Dopamine dans le cerveau est de courte durée. Elle dissipe l’état émotionnel provisoirement sans en éliminer la cause. Cet état de plaisir va demander de plus en plus de nourriture pour déclencher cette dopamine dans le cerveau et avoir cette sensation de plaisir. Nous ne sommes plus loin de l’addiction !
Le cercle vicieux est enclenché…

Une programmation s’est mise en route.Elle conduit droit aux compulsions alimentaires qui elle-même engendre surpoids, puis obésité puis déclenche des problèmes de santé (diabète et cholestérol) qui eux-mêmes vont accentuer le stress, le mal-être. Ces nouveaux facteurs vont s’associer aux problèmes de départ et vont accentuer le refuge à l’alimentation.

Comment sortir de ce cercle vicieux ?
En se faisant aider pour prendre conscience de nos habitudes, de nos croyances, de nos comportements.
Les thérapies comportementales, l’hypnose, le coaching, la psychologie cognitive peuvent aider les personnes à s’interroger par la mise en place des outils pour déprogrammer les mauvaises habitudes au niveau inconscient et gérer différemment leur état émotionnel en toute conscience.

Conseil aux parents :
Ces dernières années, les jeunes sont de plus en plus dans ce type de comportement de refuge émotionnel vers la nourriture et ils sont donc plus enclins à devenir addicts du fait de leur jeune age.
Eviter de donner à manger en récompense ou pour calmer un enfant car il deviendra esclave d’un réflexe conditionné tôt dans son enfance à chaque émotion !

Kbouteilly